accrochez-vous, le style d'écriture est changé et l'histoire recommence avec une nouvelle intrigue que vous découvrirez bien assez tôt...
Bonne lecture!!
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Mois de Juin, Terminale.
Katalina était plongée dans un profond sommeil. Il faut dire que ses huit heures de philosophie hebdomadaires étaient des moments plutôt propices à la sieste.
L'enseignant, un homme sexagénaire aux cheveux blancs laissant place à une calvitie menaçante, continuait son discours sur la thèse de Kant.
Aux côtés de la jeune fille, Dylan prenait soigneusement note du monologue philosophique. Son français, bien que d'un meilleur niveau, était mis à l'épreuve, mais Dylan comptait bien sur Katalina pour corriger ses fautes d'orthographe. Il sourit d'ailleurs en lui jetant une ½illade: l'adolescente, appuyée contre un pan de mur, posait sa tête sur son bras gauche en guise d'oreiller, un sourire rêveur flottant sur ses lèvres.
Dylan regarda l'heure sur son portable posé sur la table et s'étira longuement, faisant craquer les vertèbres de son dos. Puis il caressa doucement la joue de Katalina pour la réveiller.
- 'Tain t'fais chier... Déjà l'heure?
-La vie est cruelle, ma pauv' fille!
Katalina vérifia l'heure et, fourrant sa tête entre ses bras croisés, marmonna:
-M'reste cinq minutes...
-Si tu préfères sursauter quand la sonnerie sonne, alors je t'en prie!
-Sonnera, abruti!
-Je peux pas avoir un français parfait, c'est pas ma langue maternelle! Pis j'te dis rien quand tu fais des fautes, moi!
L'adolescente ne répondit pas, le ronronnement continuel de son enseignant avait eu raison de sa flemmardise.
Quand la sonnerie retentit, il fut le seul à ne pas sursauter. Comme Katalina, les autres élèves se reposaient et furent aussi surpris que leur professeur de philosophie, lequel trouvait que le temps avait passé trop vite à son goût.
Cependant, il ne fallut qu'une minute aux lycées pour ranger leurs affaires, qui leur servaient d'oreillers et témoignage d'un certain intérêt pour le cours, et sortir ensuite bruyamment.
Seul, assis sur son bureau, l'enseignant se lamenta:
-Pauvres petits, ils risquent de se défenestrer après avoir lu leurs sujets de Bac...
Cinq minutes plus tard, les vingt-cinq élèves étaient rassemblés dans la salle d'anglais. Mme Pyrion, qui avait demandé à les suivre jusqu'en Terminale, leur annonça d'emblée:
-Ma collègue m'a enfin remis vos copies du bac blanc.
-Trois mois après, faut le faire... commenta Moran, toujours là pour trouver les 'remarques qui tuent'.
-Ceux qui sont habitués aux bonnes notes vont être surpris. Continua Mme Pyrion.
-Quoi? Même moi? S'indigna Célia, jeune blonde se vantant d'avoir un accent américain alors qu'elle était allée faire un séjour à Londres.
-Je ne vois pas pourquoi tu aurais eu un traitement de faveur! Mais je tiens à t'avouer que je suis entièrement d'accord avec la notation de ma collègue. Répondit l'enseignante en lui rendant sa copie, abondamment raturée de rouge et affichant un seul chiffre en gros caractère: neuf.
Il en alla de même pour Olivier, qui s'exclama rageusement:
-On va lui pisser dans son réservoir et on va cramer sa voiture!
-Loupé, elle a jamais eu son permis! Railla Katalina qui, décidément, se plaisait à rabrouer les prétentieux du genre.
-La meilleure note, continua Mme Pyrion en distribuant les copies, a été donnée à Dylan!
Le jeune homme se vit attribuer un quatorze.
-Katalina, je suis désolée...
La concernée reçut un treize.
Après de bruyantes réclamations, l'enseignante demanda:
-À combien d'élèves cette note portera-t-elle tort à leur dossier?
Olivier, Célia et Katalina furent les seuls à lever la main.
-J'en parlerai avec ma collègue et j'essaierai de parvenir à un compromis.
De nouvelles réclamations, de la part des autres élèves jaloux, se firent et l'enseignante s'éclaircit la gorge avant de crier:
-VOS GUEULES!!
-J'aurais pas trouvé mieux à dire en la circonstance. Commenta Katalina.
-Maintenant, soit vous la fermez et on fait la correction ; soit je colle chaque élève qui se plaint. Compris?
Le calme se fit, Olivier et Célia recommençant à souffrir en silence.
Aucun autre événement notoire n'eut lieu durant le reste de la journée. Comme à leur habitude, Dylan et Katalina rentrèrent ensemble. À peine passé le pas de la porte, Lison demanda à Dylan:
-Tu restes manger ce soir?
-Ben...Amber est pas au courant! S'excusa-t-il.
-Mais si, j'suis là mon lapin! Ironisa la Québécoise depuis le salon. Pas d'excuse, le futur gendre de madame!! Appuya-t-elle en désignant Lison d'un geste de la main.
Katalina sourit narquoisement à son petit-ami tout en levant les yeux au ciel...enfin, au plafond. Dylan l'entraîna donc résolument par la main en direction du salon et, là, Katalina se figea.
-Konbanwa, Kat-chan! (littéralement 'Bonsoir' )
Hanae s'était levée en voyant sa voisine entrer. Elle fit une bise appuyée à Dylan et se planta devant Katalina.
-Konbanwa, Hanae-chan! Ogenki desuka? (littéralement 'comment vas-tu? ) minauda cette dernière en inclinant légèrement la tête pour saluer.
Hanae esquissa un grand sourire en saluant à son tour, et Katalina détourna rapidement les talons, Dylan à sa suite.
-Où vas-tu, Kat? Interrogea Amber, perplexe.
-Manger ailleurs! Lui répondit Katalina.
-Minute, Rachel!
La seule personne qui l'appelait par son deuxième prénom était son beau-père, Charles, marié depuis quatre ans à Lison.
-Qu'est-ce qui y'a, papi? Soupira l'adolescente en se retournant.
-Choix d'orientation. Ils sont arrivés avec ton bulletin, trop en retard si tu veux mon avis!
-On est le dix juin, c'était hier la date limite. Pas de quoi s'alarmer. Bref, bon appétit! S'exclama Katalina en quittant la pièce.
Elle n'écouta pas quand Lison lui ordonna de revenir.
-Tu as gâché l'ambiance! Argumenta-t-elle.
Katalina, qui était sur le point de claquer la porte d'entrée, fit entendre:
-Renseigne-toi sur les gens que tu invites! Ne l'appelle pas quand je suis là! Cria-t-elle en désignant la japonaise du doigt.
Le claquement de la porte résonna longtemps dans le silence installé dans le salon.
Katalina ouvrit brusquement les yeux et regarda autour d'elle. Ce qu'elle avait pris pour oreiller se révéla être le torse de Dylan. Elle jeta un ½il au radioréveil sur la commode et soupira. Elle appuya le haut de son corps sur l'adolescent endormi pour l'éveiller. Sans effet. Elle se leva, enfila une chemise de Dylan sur le T-shirt qu'il lui avait prêté pour dormir et s'assit à califourchon sur l'abdomen du jeune homme. Dylan commença à remuer mais ne se réveilla pas pour autant. Avec ses ongles, Katalina commença à griffer ses pectoraux, quand elle se sentit soudain aggripée par le poignet.
-Tu ferais mieux d'arrêter ça tout de suite... marmonna la voix ensommeillée de Dylan.
-Pourquoi? Fit semblant d'ignorer Katalina.
-Sinon on sera occupés à autre chose qu'aller en cours.
-Hentai! (Pervers ) le taquina-t-elle.
Lui se contenta d'arborer un sourire narquois. Passant un bras autour de sa taille, il colla Katalina contre lui et l'embrassa. Quand il descendit vers le cou, elle lui pinça brusquement le téton. Il étouffa un cri de surprise et la regarda, perplexe.
-Chaque chose en son temps! Faut qu'on soit au lycée dans vingt minutes, ou on va rater l'oral du Bac!
-Lequel? Demanda-t-il en desserrant un peu son étreinte.
-Anglais. L'occasion de prendre le maximum de points d'avance!
-C'est parti mon kiki! S'exclama-t-il en se levant, imité par Katalina.
-Vu les circonstances, t'aurais pu choisir mieux! Railla-t-elle en enfilant son jean.
Elle fourra rapidement ses pieds dans ses ballerines à talons et serra une ceinture autour de la chemise de Dylan, au niveau de la taille.
Quand Dylan eut enfilé son treillis et sa chemise noire à demi-boutonnée, ils prirent le chemin du lycée, s'arrêtant à une boulangerie non loin, d'où ils sortirent avec des croissants encore chauds et deux tasses de café, cadeau de la boulangère.
-Répugnant! Marmonna Katalina, qui n'aimait ni l'odeur ni le goût du café, et aurait préféré un bon chocolat.
-Je prends ta part alors!
-File ton croissant en échange!
-Va falloir me le reprendre...
-Ne me tente pas!
Ils échangèrent un sourire complice en franchissant le portail constamment ouvert du lycée. Chacun rejoignit la salle qui leur avait été attribuée pour leur examen oral.
-Dylan!
Avant que le concerné n'eut le temps de réagir, Katalina l'embrassait.
-Pour la chance! Expliqua-t-elle, et elle repartit aussi vite qu'elle était arrivée.
Face à lui, Hanae grimaça en détournant la tête. Quand son nom fut appelé, la japonaise lui dit:
-Gambatte, ne? ( Fais de ton mieux, ok? )
Une demi-heure plus tard, Katalina sortit de son examen le sourire aux lèvres. Son examinatrice l'avait retenue dix minutes supplémentaires, toutes deux n'avaient pas vu le temps passer. L'adolescente rejoignit la salle de Dylan et se figea: Hanae, qu'elle entendait feindre de pleurer, était collée à Dylan, qui ne bougeait pas.
-Encore en train de te rabaisser à ce genre de choses, Hanae-chan? Railla Katalina.
-J'ai raté mon oral, Dylan voulait me consoler. Plaida l'autre en essuyant les larmes qu'elle s'était efforcée de faire couler.
L'adolescent leva les yeux au plafond et Katalina nargua Hanae:
-Tu vois cette chemise que je porte? Et le suçon qu'il a dans le cou? Tu veux plus de détails? Sourit narquoisement Katalina.
-Tch! You slut! (traînée )
-I love you kid! Répondit ironiquement Katalina en fourrant sa main dans la poche arrière du treillis de Dylan.
Hanae s'en alla, l'air courroucé, et Dylan confia à Katalina:
-Arrête de la taquiner, la pauvre!
-C'est pas parce qu'elle t'a perdu qu'elle doit te conquérir avec des coups bas! Tu es chasse gardée, d'abord!
Katalina lui sourit et Dylan fut appelé à son oral. L'adolescente s'assit en tailleur dans le couloir et l'attendit.
Quand Dylan sortit victorieux de son oral, Katalina et lui reprirent le chemin du retour. Passant par le parc, Dylan s'arrêta devant un banc.
-Dis... Tu vas où l'an prochain?
-À l'université.
-Où?
-La plus proche pardi!
-Tu vas faire un master de traduction?
-Une maîtrise? Non, du moins pas tout de suite. Je me suis inscrite pour un LEA Anglais/Japonais.
-Ah, ok.
-Et toi?
Dylan s'assit sur le banc. Baissant la tête, il répondit:
-Fac de psycho...
Katalina s'assit sur ses genoux et lui embrassa le front.
-Y'a une filière de psycho à ma fac!
-C'est vrai?
Katalina acquiesça en souriant et Dylan la serra contre lui. Ils restèrent silencieux un moment, puis Dylan demanda:
-T'as commencé le devoir d'entraînement, en philo?
-Ça se saurait! Sourit-elle. C'est quoi le sujet, déjà?
- « Peut-on se mettre à la place d'autrui? »
-Moi ce que j'en dis... Chacun sa merde, on a bien assez à faire avec nous-mêmes!
-T'aurais le culot de le dire en face au prof?
-Et plutôt deux fois qu'une! Tout pour ne pas avoir à réfléchir davantage sur le sujet!
-Le contraire m'aurait étonné, tiens...
-Bon, on va chez toi?
-Je pense que ta mère serait soulagée de te voir revenir. Elle a dû s'inquiéter...
-Ok, si tu veux.
Quand ils se remirent en marche, la main de Katalina retrouva presque immédiatement le chemin de la poche arrière du treillis de Dylan. Lui passa un bras autour de s taille et la rapprocha de lui. Ils se sourirent et continuèrent à marcher en silence.
Katalina soupira en s'arrêtant devant la porte d'entrée, mais elle l'ouvrit résolument et s'exclama:
-C'est moi!
-Katalina, ma chérie, te voilà enfin! Où étais-tu? J'étais inquiète, pas un coup de fil, rien! Je te parles même pas de Charles!
-Oral d'anglais.
-Et cette nuit?
-Chez moi. Devança Dylan.
Lison le regarda suspicieusement puis, constatant la chemise que portait sa fille, éclata:
-T'as pas honte? Elle n'est même pas majeure!
-Maman... essaya de l'apaiser Katalina.
-Je pourrais le traîner en justice pour détournement de mineure!
-MAMAN!!
Lison s'interrompit et suivit sa fille qui la tirait par le bras.
-Il ne s'est rien passé, on n'a fait que dormir! DORMIR! Rien de plus!
-Qu'est-ce qui me prouve qu'il ne -
-Emmène-moi chez le gynéco, tu verras que j'ai raison! Réfuta l'adolescente, furieuse.
-C'est bon, calme-toi! Je m'excuse, Dylan! Dit-elle en s'avançant vers le jeune homme.
-Ce n'est rien, c'est déjà oublié!
-Bon! Alors, cet oral? Comment c'était? Demanda Lison, le ton plus léger.
-Trop simple! Répondirent simultanément Dylan et Katalina après avoir échangé un regard complice.
-Kat!
La concernée s'étira puis, faisant la sourde oreille, fourra la tête sous son oreiller.
-Kat, réveille-toi!
-La ferme... grommela l'adolescente.
-Si tu restes aussi vulgaire, je m'opposerai à ta relation avec Dylan! Maintenant lève-toi! Répondit Amber, assise au pied de son lit.
-Pourquoi?
-L'entretien pour ton job de vacances!
-Pff...
-Allez, debout!
-Nan! J'veux dormir!
-Ma parole, c'est qu'elle veut se transformer en vraie marmotte, en plus!
-J'ai pas droit à un joker?
-Tu serais plus distraite qu'autre chose... Pas vrai?
-Le week-end c'est fait pour dormir! Argumenta Katalina, se dressant sur ses coudes.
-Tu compenseras avec tes derniers cours de philo! Railla la voix de Dylan.
Celui-ci était appuyé contre l'encadrement de la porte. Il lui fit un clin d'½il après avoir détaillé sa tenue.
-Dis donc, je te permets pas! En public, en plus! Répliqua Katalina en remontant le drap sur le décolleté de sa nuisette.
-Alors habille-toi! La taquina Dylan.
-Dehors! Ordonna-t-elle. J'suis pas une exhibitionniste, et encore moins une strip-teaseuse!
-Ça reste à voir, ça! Railla Dylan en s'éloignant, suivi par sa cousine.
-Putain... Fait chier! J'ai des années de sommeil en retard, moi! Se lamenta l'adolescente en se levant paresseusement.
Pieds nus, elle se dirigea nonchalamment vers la salle de bains pour y prendre une douche, histoire de se réveiller efficacement. Elle ouvrit la fenêtre et constata la chaleur extérieure: une douche tiède conviendrait. Peu après, elle ressortit de la salle de bains en peignoir blanc, les cheveux ruisselants, rentra dans sa chambre et se dirigea vers son armoire. Elle enfila des sous-vêtements et choisit ensuite une tenue qui conviendrait à un entretien d'embauche: un bustier blanc, un boléro de crochet noir, un pantacourt noir ceinturé aux genoux et d'élégantes sandales noires. Elle se maquilla ensuite légèrement et sécha ses cheveux tout en les lissant.
Katalina descendit un peu plus tard dans la cuisine et dit en bâillant:
-File-moi le p'tit dèj, m'man!
-Ta mère est en rendez-vous galant, je vous conduis! Lui répondit Amber, grignotant les petits fours qu'affectionnait Charles.
- « Vous » ?
-Mais oui! J'allais pas le laisser seul à la maison à t'attendre toute la journée!
-Y va me déconcentrer...
-Mais non! Il sait se tenir à carreaux, ce con de gosse!
-Merci, je suis là! Interrompit le concerné, assis sur le comptoir de la cuisine, à côté de la cafetière.
-Faut pas prendre la mouche, mon lapin! Je t'ai recommandé aussi à son employeur! Mais faut se dépêcher! Va chercher tes papiers, Kat! Dylan, prépare-lui le café!
-No problemo! Répondit-il, sachant parfaitement que Katalina ne le boirait pas et que, par conséquent, il se verrait offrir du café.
-Thé au jasmin, merci! Rectifia Katalina du fond du couloir.
-Plus vite que ça, Dylan! Sinon le major Charles ne t'acceptera comme gendre! Ah, tant que tu y es, fais-moi un café!
-Do it yourself, Amber! ( Démerde-toi! )
-I knew you'd say it... ( Je savais que tu répondrais ça... )soupira la québécoise.
Katalina se leva à l'entente de son nom. Elle salua l'homme en face d'elle et le suivit dans son bureau. Après les questions banales, il demanda:
-D'après votre CV, vous parlez l'anglais?
-Oui. Je me débrouille aussi en espagnol.
-Très bien.
Il fit une pause et farfouilla dans son tiroir.
-Dans ce camping, il y a beaucoup de touristes étrangers. Le problème, c'est que mon interprète n'a pas terminé son stage au Pays de Galles. Son rôle était d'assister l'animatrice du camping en traduisant l'anglais. Vous qui paraissez plutôt polyvalente, cela ne devrait pas vous poser le moindre problème. Êtes-vous capable de tenir une conversation élaborée?
-Sans vouloir me vanter, j'étais chargée dans mon lycée, et ce en Seconde, d'aider un Américain, une Espagnole et une Japonaise à s'intégrer. J'ai de plus été capable de parler pendant trente minutes avec une Irlandaise lors de mon oral du Bac. J'ai eu du mal avec son accent, mais j'y suis parvenue.
-Bien. J'ai entendu dire par Mlle Amber Amilton que vous entreteniez une relation avec son cousin-
-C'est exact, bien que personnel. Mais il vous a envoyé son CV au mois de Février, tout comme moi.
-Je vois.
Il fit une nouvelle pause puis se leva en tendant la main:
-Nous nous reverrons donc à la deuxième semaine de Juillet.
-Je vous remercie. Sourit Katalina en lui serrant la main.
L'homme lui ouvrit la porte et elle sortit. Dylan fut appelé et Amber s'avança vers elle:
-Alors?
-Pas mal. Un peu long à la détente, mais c'est mieux que rien!
-Il est adorable! C'était le meilleur ami de mon oncle, le père de Dylan.
-Il ne l'est plus?
-Mon oncle est mort lors d'un crash d'avion, il y a deux ans.
-Je suis désolée... J'étais pas au courant...
-Tu ne pouvais pas savoir. Mais le beau-père de Dylan est... pas très appréciable. Tu le verras bientôt...
Amber n'en dit pas plus et s'assit, attendant le retour de son cousin. Lorsqu'il revint, il annonça:
-Katalina, tu vas devoir me supporter tout l'été!
-Quelle torture! Ironisa la concernée.
-Un prémice à la colocation! Commenta Amber, qui semblait soudain plus énergique que précédemment.
Sur le trajet du retour, Katalina demanda à Amber:
-C'est quoi cette histoire de colocation?
Dylan, assis sur le siège devant elle, la regarda avec un petit sourire, puis Amber répondit:
-Il t'a pas dit? Ma s½ur possède un appartement pas loin de ta fac, elle avait invité Dylan à y vivre. Mais, comme elle n'avait pas de place pour toi, Dylan et moi avons cherché un studio assez spacieux, lumineux, et d'un bon rapport qualité/prix.
-Jamais tu te mêles de tes affaires? Ironisa l'adolescente.
-Malheureusement... Non! Soupira Dylan. Et comme t'es la première avec qui je sois resté aussi longtemps... ça lui monte à la tête!
-C'est pas censé être le rôle de ta mère?
Un silence lourd s'installa. Katalina avait dû toucher un sujet sensible.
-Désolée, c'est pas mes oignons...
-Y'a pas de mal, au fond. Répondit Dylan. Vaut mieux que je te le dise avant que tu fasses une autre gaffe.
L'adolescent prit le temps d'inspirer avant de lâcher:
-Ma mère se fait manipuler par mon beau-père, il l 'a forcée à couper les ponts. C'est pour ça que j'habite chez Amber. Dès le moment où j'ai connu mon beau-père, elle m'a recueilli.
Dylan respira un grand coup. Katalina, assise derrière lui, posa sa main sur son épaule.
-Merci de me l'avoir dit. Murmura-t-elle d'un ton compréhensif.
Il entremêla ses doigts aux siens et ils restèrent ainsi le reste du trajet.; Amber leur jetant de temps à autre des regards attendris, avant de reporter son attention sur la route, histoire d'éviter les carambolages.
Quand Amber parvint à destination, Katalina reprit sa main, effleura la joue de Dylan au passage et sortit de la voiture.
-À plus, Amy!
Katalina avait opté pour ce surnom l'année précédente.
Dylan descendit à son tour et fit un signe de la main à sa cousine.
-See ya! ( à plus! ) dit-il en souriant.
La québécoise acquiesça en leur adressant un clin d'½il. Quand sa voiture fut hors de vue, Katalina soupira et Dylan passa son bras autour de ses épaules, l'entraînant ensuite à l'intérieur de la maison.
-Okaerinasai! ( Bienvenue! ) Furent-ils salués par une voix suraiguë reconnaissable entre mille.
Mais Katalina, ne percutant pas tout de suite, répondit:
-Tadaima... ( Je suis rentée. )
Puis elle sembla réagir:
-Get out of here right away! ( Dégage de là sur-le-champ! )
-Rina-chan*, fit la voix apaisante de Ran, la mère de Hanae, c'était un surprise! Dit-elle en un français hésitant.
-Hai, Kat-chan! Ôtanjobi omedettô! ( Oui, Kat-chan! Joyeux anniversaire! ) souhaita Hanae, dressant la table.
Katalina lança un regard suspicieux à Dylan, qui s'empressa de dire:
-Me regarde pas comme ça, j'ai rien fait!
-Mais? Insista l'adolescente.
-Amber voulait absolument te faire la surprise! Elle était sûre que tu t'y attendrais pas!
-Pour ça, elle s'est pas loupé... grommela Katalina en fixant sombrement Hanae.
-Elle voulait absolument que tu manges vraiment chinois...
-Plutôt japonais! Interrompit Hanae, posant les baguettes sur leur support.
-...Alors elle a pensé à ta voisine.
-Trop aimable, fallait pas se forcer autant!
-Rachel!
-Quand va-t-il se résoudre à m'appeler par mon prénom? Soupira l'interpellée.
-Le jour de ton mariage! Répondit Lison, qui venait d'entrer à la suite de son mari.
Mais l'adolescente se figea en apercevant le dernier arrivant. Ou plutôt, les derniers arrivants.
-Catherine, comme tu es devenue jolie! Dit l'homme.
-Un père est censé se rappeler le nom de sa fille! S'exclama Katalina en refusant catégoriquement l'embrassade de son géniteur. Qu'est-ce qu'il fout là? Ajouta-t-elle en se tournant vers sa mère.
Depuis qu'ils étaient arrivés, Dylan était resté collé contre Katalina. Mais son mouvement brusque d'humeur le fit s'écarter.
-C'est pas tous les jours qu'on a dix-huit ans, ma fille! Se justifia son paternel.
-Tu as perdu tes droits de père depuis trop longtemps pour avoir ton mot à dire et te pointer ici! Lui cria Katalina.
-Essaie au moins d'être polie, sa femme et sa fille sont derrière lui! Interrompit Lison en posant ses mains sur les épaules de l'impétueuse brune, dans l'espoir de la calmer.
Francesca se tenait derrière Philippe, l'ex-mari de Lison et l'ex-meilleur ami de Charles, au côté d'une grande femme brune, l'air austère mais intimidé par une situation qu'elle ne comprenait apparemment pas.
L'ambiance était tendue, soudain, dans cette pièce trop exiguë pour contenir les humeurs de Katalina.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

